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Mon cœur caresse un espoir

Création de Valérie Antonijevich
D’après des textes d’archives de l’occupation et le journal de Léon Werth "Déposition 40/44"

RESUME

En 1940, abasourdie puis docile, souvent aveuglée par la puissance de l’occupant, la population se soumet au pouvoir d’une autorité. 
Parce que, comme ils disent : « Qu’est-ce qu’on peut faire ? »… 
Plongeon dans les années d’occupation. Une loupe posée sur les individus. Confrontés à ce que la guerre révèle d’eux-mêmes, d’humain et d’inhumain ; sources sourdes, inconnues jusqu’alors où ils puisent le meilleur comme le pire. Les êtres vacillent entre aliénation et liberté, peurs et courages, individualité et solidarité. 
La guerre est le catalyseur tragique des comportements humains. Mon cœur caresse un espoir ou des histoires de gens ordinaires ; morceaux déchirés de vies prises dans l’étau de la dictature et de l’occupation. 
Ceux qui ont résisté. Ceux qui ont collaboré. Et l’immense majorité qui a attendu. 
Chacun, au quotidien, construit le monde.

Dans le monde actuel, quelle est notre responsabilité personnelle si ce n’est à générer, du moins à cautionner implicitement ce qui se passe autour de nous ? Le spectacle interroge l’attente ; une attente qui induit la complaisance, la résignation, l’approbation muette, la complicité et par conséquent une collaboration tacite.

Pourquoi une écriture à partir d’archives (lettres, récits, témoignages, tracts, rapports…) ? 
Ces écrits brulants éclatent de vérité. Ils ne se soucient pas de la forme, ils sont là dans la cruauté de leur expression. 
Les documents d’archives apportent un éclairage inédit, sans aucune censure, sur la complexité des comportements humains et sur la naissance fragile de la Résistance.




L’INDIVIDU FACE A LUI MEME

 Une boite noire bordée à cour et à jardin par des portants métalliques qui supportent des vêtements, des objets emballés et strictement étiquetés comme des pièces à conviction... traces sensibles d’existences disparues.
L’espace est resserré jusqu’à l’étouffement, l’étranglement.

Les lumières renforcent l’écrasement de ce temps qui ne passe pas, l’absence d’horizon, d’échappatoire.
L’exigüité de la scène et la pesanteur des lumières révèlent une chambre des secrets douloureusement habitée par des figures humaines fragiles, isolées, vacillantes, lourdes de tragiques incertitudes, accablées, résignées, révoltées.

Dans le noir, une voix off issue d’extraits de « Déposition » de Léon Werth guide le spectateur au fil des années d’occupation. Sa réflexion se heurte à une époque qui échappe à la raison.  Sur scène, les comédiens dépècent les portants dont il ne restera bientôt plus que le squelette pour faire émerger des « gens », figures qui, au fil de scènes quotidiennes, se débattent dans le chaos et la confusion et rappellent combien il est difficile de ne pas brader son humanité.

La parole est au centre : objet de combat, de pensée, de propagande, de résistance... parole qui doit se taire et se terrer, dangereuse si entendue mais si nécessaire à la survie, parole qui se dit trop, victorieuse et arrogante, dévastatrice de haine, parole triviale empêtrée de lieux communs, de propagation d’idées toutes faites, parole de réconfort, de solidarité, de soutien.

Les corps des acteurs ont été travaillés pour dégager l’essentiel de chaque figure, comme si, dans cette extrémité, il ne leur restait plus de place pour bouger en liberté, en insouciance. Ils sont ramenés à une économie où chaque geste est signifiant. Souvent en déséquilibre, en arrêt, en suspension, les mouvements et les déplacements augmentent l’impression d’enlisement, d’incertitude, de dérisoire.

La violence physique n’est pas montrée, à revers de la surenchère d’images de notre époque. La violence est traitée dans un renvoi incessant entre l’individu et le monde extérieur. L’extérieur oppressant, la menace et le danger imminents sont suggérés par la lumière et le son qui est détourné et agencé afin de créer des sensations organiques difficilement définissables chez le spectateur. Les corps des acteurs se crispent, toujours au bord de l’explosion attendue, espérée comme une libération mais lorsque elle arrive, "ça" n’explose pas, "ça" ne se libère pas.

LEON WERTH
Déposition – journal de guerre 1940-1944*.
Conscient, avant la guerre, du danger qui menaçait les Juifs, Léon Werth est obligé de se réfugier dans sa maison de campagne du Jura, en zone sud. Dans un isolement quasi complet, il écrit un des témoignages les plus lucides sur l’époque.

"Déposition" de Léon Werth est édité aux Éditions Viviane Hamy

VIDEOS
[Voir la bande annonce Mon coeur caresse un espoir
envoyé par mariusmera. - Films courts et animations.]

interview Valérie Antonijevich